Dialogues sur le Chemin

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Série de dialogues sur des thèmes variés chemin faisant.

#1 2020. Les dix points sur lesquels il est bon d’insister de Gampopa

Notre chemin spirituel vers l’éveil ne se fait pas en parallèle de notre vie. L’entraînement de l’esprit nous apprend à « amener la vie à la voie ». Parmi la multitude des instructions, il est bon de trouver la « ligne claire » qui nous permet, par sa simplicité, de trouver la profondeur. Voici, extrait du Précieux rosaire de la voie sublime de Gampopa, dix points sur lesquels il nous faudra insister à mesure que nous progressons.

1. Au début il est nécessaire de  mettre l’accent sur l’écoute des enseignements et la réflexion sur leur sens.

2. Quand l’expérience se fait jour, il faut insister sur la pratique de la méditation.

3. Tant que ces expériences ne sont pas stables, il faut privilégier la solitude.

4. Si la dispersion et l’agitation dominent en nous, il faut insister sur les moyens de discipliner la conscience.

5. Si la torpeur et l’opacité mentale dominent en nous, il faut insister sur les moyens d’éclaircir la conscience.

6. Tant que l’esprit n’est pas stable, il faut insister sur l’absorption méditative.

7. S’étant livré à l’absorption méditative, il faut persévérer dans la phase de post méditation.

8. Quand on rencontre de nombreuses circonstances défavorables, il faut  mettre l’accent sur la pratique des trois formes de patience.

9. Quand l’attachement et le désir sont très forts, il faut insister sur la pratique du détachement de façon radicale.

10. Si l’amour et la compassion sont très faibles, il faut insister sur l’entraînement de l’esprit d’éveil.

Telles sont les dix points sur lesquels il est bon d’insister.

#2 2021. Un vernis de confusion sur un océan de sagesse

Ayant perdu de vue la Nature de Bouddha qui est la profondeur de la réalité de notre esprit, nous nageons parmi les détritus de nos habitudes et schémas émotionnels. Prenant conscience de la bonne nouvelle de la Nature Bouddha, nous pouvons changer notre perspective et nous enraciner dans la confiance de notre santé fondamentale pour faire face aux défis de la vie avec grâce et discernement. Comme un cygne doré en des eaux tumultueuses.

Un vernis de confusion sur un océan de sagesse #1 Exposé

Un vernis de confusion sur un océan de sagesse #2 Dialogue

#3 Se concentrer sur sa pratique et rester fidèle à soi-même.

Le film rendant hommage à Kunzig Shamar Rinpoché se termine par ces quelques mots du Gyalwa Karmapa Thaye Dorje:

“L’enseignement de l’impermanence est la leçon que tous les êtres, même le Bouddha lui-même, doivent mourir. Je voudrais vous assurer qu’en vous concentrant sur votre pratique, en restant fidèle à vous-même, cela aura un grand, grand avantage. Nous serons tous connectés d’une manière qui transcende les limites de l’espace et du temps. “

Qu’entend-on par rester fidèle à soi même?
Comment se libérer de ce qui nous enferre?
Désir et renonciation ?
Comment vivre les contradictions entre les lois ordinaires, et loi du karma

Se concentrer sur sa pratique et rester fidèle à soi-même #1 Exposé

Se concentrer sur sa pratique et rester fidèle à soi-même #2 Dialogue

#4 Les moyens d’existence justes

Les Moyens d’existence justes visent à garantir que l’on gagne sa vie d’une manière juste. Pour un disciple laïc, le Bouddha enseigne que la richesse doit être acquise selon certaines normes. Il ne faut l’acquérir que par des moyens légaux ; il faut l’acquérir pacifiquement, sans contrainte ni violence ; il faut l’acquérir honnêtement, pas par la ruse ou la tromperie ; et il faut l’acquérir de manière à ne pas causer de mal et de souffrance à d’autres.

Une vie saine, comme un jardin, nécessite une attention constante. La gratitude et la bienveillance découlent de la compréhension de l’interdépendance de tout. Cela donnera naissance à l’attitude d’esprit éveillée (Skt.Bodhicitta). La présence et la conscience seront nos précieux outils. La culture d’une activité vertueuse et d’un style de vie sain deviendra une évidence. L’herbe des habitudes qui nourrissent l’ego devra être régulièrement déracinée. Quel plaisir, alors, de partager la récolte abondante avec tous les êtres!

Les moyens d’existence justes #1 Exposé

Les moyens d’existence justes #2 Dialogue

Les Quatre Sceaux du Dharma #5

Au-delà de la fascination et du rejet. Un chemin vers la paix transcendant les extrêmes

Nous sommes souvent pris entre la fascination pour les merveilles de la création et le désir de libération. Ils constituent un paradoxe qui conduit à des dissonances cognitives et à des sentiments contradictoires.

Comment résoudre cela afin de trouver une voie menant au-delà de ces extrêmes, contribuant ainsi à notre bien et à celui de tous, en particulier dans notre proche entourage de nos proches comme par exemple nos enfants?

Comment leur montrer la voie en devenant un modèle inspirant?

Les Quatre Sceaux du Dharma sont un moyen d’explorer cela.

ཆོས་ རྟགས་ ཀྱི་ ཕྱག་ རྒྱ་ བཞི་

༈ འདུ་ བྱེད་ ཐམས་ཅད་ མི་ རྟག་ ཅིང༌ །

ཟག་ བཅས་ ཐམས་ཅད་ སྡུག་བསྔལ་ བ །

ཆོས་ རྣམས་ སྟོང་ ཞིང་ བདག་ མེད་ པ །

མྱ་ངན་ ལས་ འདས་ པ་ ཞི་ བའོ ། །

Toutes les choses composées sont impermanentes.

Tous les contacts contaminés sont douloureux.

Le mot tibétain pour les contacts contaminés dans ce contexte est zagche, qui signifie «contaminé» ou «taché», dans le sens d’être imprégné de confusion ou de dualité. L’esprit dualiste englobe presque toutes les pensées que nous avons. Pourquoi est-ce douloureux? Parce que c’est une erreur. Tout esprit dualiste est un esprit erroné, un esprit qui ne comprend pas la nature des choses. Chaque fois qu’il y a un esprit dualiste, il y a de l’espoir et de la peur. L’espoir est une douleur parfaite et systématisée. Nous avons tendance à penser que l’espoir n’est pas douloureux, mais en fait c’est une grande douleur. Quant à la douleur de la peur, ce n’est pas quelque chose qui a besoin de démonstration. Le Bouddha a dit: «Comprenez la souffrance.» Telle est la première Noble Vérité. Beaucoup d’entre nous confondent la douleur avec le plaisir – le plaisir que nous avons maintenant est en fait la cause même de la douleur que nous allons ressentir tôt ou tard. Une autre façon bouddhiste d’expliquer cela est de dire que lorsqu’une grande douleur diminue, nous l’appelons plaisir. C’est ce que nous appelons le bonheur.

Tous les phénomènes sont sans existence intrinsèque.

Le Nirvana est la paix au-delà des extrêmes.

Les Quatres Sceaux du Dharma #1 Exposé

Les Quatres Sceaux du Dharma #2 Dialogue

#6 Le Chemin d’Accumulation

Sur le chemin d’accumulation, les bodhisattvas, ou «héritiers des vainqueurs», génèrent une intention positive et une bodhicitta à la fois en aspiration et en action. Ayant complètement développé cette bodhicitta relative, ils aspirent à la bodhicitta ultime, la sagesse non conceptuelle du chemin de la vue. C’est donc l’étape de la «pratique par aspiration». On l’appelle le chemin de l’accumulation parce que c’est le stade auquel nous faisons un effort particulier pour rassembler l’accumulation de mérite, et aussi parce qu’il marque le début de nombreux éons incalculables de rassemblement des accumulations.

Le chemin de l’accumulation est divisé en étapes inférieures, intermédiaires et supérieures. Au stade inférieur du chemin d’accumulation, il est incertain quand nous atteindrons le chemin de la jonction. Au stade intermédiaire du chemin de l’accumulation, il est certain que nous atteindrons le chemin de la jonction dans la toute prochaine vie. Sur l’étape supérieure du chemin de l’accumulation, il est certain que nous atteindrons le chemin de la jonction au cours de la même vie.

Questions:

Une vie à la fois

Une fois vous avez mentionné, que nous ne devrions pas considérer la mort comme une finalité. C’était un conseil très intéressant. Certains d’entre nous ne peuvent pas faire beaucoup de progrès en une seule vie; parfois je suis tenté d’abandonner un peu.

– Pouvez-vous élaborer sur les objectifs à long et à court terme?

– Quels sont les objectifs réalistes?

– L’aspiration continue, le développement de la stabilité mentale et la génération d’une bienveillance ouverte et accueillante proviennent de vos enseignements comme de bons objectifs.

– Qu’est-ce qui manque, ou le contraire?

– Que faut-il abandonner?

Le Chemin d’accumulation #1 Exposé

Le Chemin d’accumulation #2 Dialogue

#7 Transformer souffrance et bonheur en Éveil

par Dodrupchen Jigmé Tenpé Nyima

Hommage

Je rends hommage au noble Avalokiteśvara, en me rappelant ses qualités :Toujours réjoui du bonheur des autres,Et suprêmement affligé quand ils souffrent,Vous avez pleinement réalisé la « Grande compassion » et toutes ses qualités,Et demeurez, sans le moindre souci pour votre bonheur ou votre souffrance !

Déclaration d’intention

Je vais donner ici par écrit une instruction partielle sur la manière d’utiliser le bonheur et la souffrance comme chemin vers l’Éveil. C’est indispensable pour mener une vie spirituelle, un outil très nécessaire aux êtres nobles, et il n’est pas d’enseignement plus précieux au monde.Il y a deux parties :1) comment utiliser la souffrance comme chemin2) et comment utiliser le bonheur comme chemin.Chacune de ces pratiques est envisagée d’abord sur le plan de la vérité relative, puissur le plan de la vérité absolue.

Transformer souffrance et bonheur en Éveil #1 exposé

Transformer souffrance et bonheur en Éveil #2 Dialogue

#8 Patience et Equanimité

La troisième paramita nous entraîne à être stables et à cœur ouvert face aux personnes et aux circonstances difficiles. La patience implique de cultiver le courage, la pleine conscience et la tolérance. En général, lorsque nous sentons que les autres nous blessent ou nous dérangent, nous réagissons avec diverses formes de colère et d’irritation, cherchant instantanément à riposter. Quand il s’agit de la paramita de la patience, cependant, nous restons aussi inébranlables qu’une montagne, ne cherchant ni à se venger ni à nourrir de profond ressentiment dans nos cœurs. La patience tolérante est un antidote très puissant à la colère.

Les trois catégories de patience sont (A) la patience avec les ennemis, (B) la patience avec les difficultés sur le chemin et (C) la patience avec les hauts et les bas de la vie.

Patience et équanimité #1 Exposé

Patience et équanimité #2 Dialogue

#9 Comment Transformer notre Vision Dualiste par la Prise de Conscience de l’Impermanence.

Comment la reconnaissance de l’éphémère dans la vie quotidienne peut-elle conduire à la réalisation de l’interdépendance et de l’unité de la forme et du vide?

Comment, à l’aide exemples, rechercher des preuves d’impermanence tout au long de notre expérience quotidienne pour contrecarrer notre tendance à solidifier, séparer et figer les objets de notre perception?

Les Douze Exemples d’Illusion:

La magie

La Lune dans l’eau

Une distorsion visuelle

Un mirage

Un rêve

Un écho

La cité des Gandharvas

Une illusion d’optique

Arcs en ciel

Éclair

Bulles d’eau

Reflet dans un miroir

Impermanence et Illusion #1 Exposé

Impermanence et Illusion #2 Dialogue

#10. Le Grand Yoga.Lojong 5:22

VOUS ÊTES BIEN ENTRAÎNÉ SI VOUS POUVEZ MÊME RÉSISTER À LA DISTRACTION.

Lojong 5:22

Au moment d’une pensée négative ou d’une perturbation, si vous pouvez garder votre sang-froid et appliquer naturellement les méthodes pour le maîtriser sans ressentir aucune tension, cela signifie que vous êtes bien entraîné. La correction est assez automatique du fait de votre maîtrise de la pratique. Même au milieu d’un bouleversement, vous pouvez rester calme et continuer à utiliser les conditions immédiates pour vous entraîner. Comme un cavalier expert, vous ne tomberez pas de cheval même si vous êtes distrait.

Être stable dans votre pratique ne signifie pas que vous n’avez plus de saisie du soi. Cela signifie plutôt que lorsqu’il fait surface, il est immédiatement corrigé. Naropa dit un jour à Marpa :

« Ta pratique a atteint un tel niveau que, comme un serpent enroulé, tu es capable de te libérer en un instant. »

Il sera évident que vous avez accompli votre pratique lorsque les cinq grandes qualités de l’esprit apparaîtront :

Bodhicitta : Le premier grand esprit est la bodhicitta. L’effet d’un esprit de bodhicitta dominant et omniprésent est un sentiment complet de satisfaction. Pendant que vous continuez à vous entraîner, votre contentement est si fort que vous n’avez aucun désir d’autre chose.

Excellente maitrise : votre esprit est tellement discipliné que vous remarquez la moindre erreur qui crée une cause négative et la corrigez immédiatement.

Grande patience : Vous avez une énorme patience pour maîtriser vos émotions négatives et vos souillures. Vous n’avez aucune réserve lorsqu’il s’agit de gérer un état d’esprit négatif. En d’autres termes, vous continuez à entraîner votre esprit quoi qu’il arrive.

Grand mérite : lorsque tout ce que vous faites, dites ou pensez vient d’une seule intention – accomplir le bien des autres – alors vous ne faites qu’un avec la pratique du dharma. Simultanément, alors que vous accomplissez votre pratique et vos affaires quotidiennes, le mérite s’accumule continuellement. Cela, à son tour, soutient directement vos activités positives générant toujours plus de mérite. De cette façon, un grand mérite se multiplie automatiquement.

Grand yoga : Le grand yoga (pratique) est la bodhicitta ultime. C’est l’esprit vaste et profond de la sagesse qui expose la nature de la réalité. Posséder et maintenir cette vue parfaite est donc la pratique du dharma par excellence. Grâce à l’entraînement mental, vous atteindrez ces cinq grandes qualités de l’esprit. Vous devez vous entraîner sérieusement pour les développer, car ils ne se produiront pas par des vœux pieux.

Le yoga est un mot complexe avec de nombreuses significations. Dans ce contexte, il convient d’examiner comment le terme est utilisé en tibétain. Le mot tibétain pour le yoga est « Neldjor » (rnal ‘byor). “Nel” est la nature originelle éveillée de l’esprit, le dharmakaya ou la nature de vérité. « Djor » est un verbe qui signifie obtenir ou atteindre. « Neldjor » signifie donc atteindre la nature originelle de l’esprit. 

L’apparition des cinq grands esprits prouvera que l’essence de la pratique du bodhisattva est devenue votre nature. Vous ne vous engagerez dans aucune négativité, aussi petite soit-elle. Vous êtes en contrôle et ne pouvez pas être influencé par des émotions négatives. Pour vous, tous les remèdes entrent en action de manière assez automatique même lorsque vous n’y prêtez pas trop d’attention. Pendant que les remèdes sont appliqués, vous restez calme et équilibré. La plupart de votre temps est naturellement consacré à travailler aux autres ou à votre éveil (qui est aussi, en effet, pour les êtres sensibles).

Un point très important est celui-ci : la vraie compassion n’est pas émotionnelle. Les pratiquants mûrs ont une vision claire fondée sur la bodhicitta ultime. Ils connaissent déjà la nature de la souffrance elle-même. Leur compassion est influencée par la sagesse, il n’y a donc aucune tristesse ou émotion impliquée. Sans entrave et libre d’émotions, les bodhisattvas aident les autres de manière sensée et appropriée.

Six Vers du Gourou Yoga

Gyalwa Karmapa IX

“Précieux maître, je vous adresse ma prière.
Accordez votre bénédiction afin que mon esprit abandonne sa saisie d’un soi.
Accordez votre bénédiction afin que je n’éprouve pas de besoin (attachement).
Accordez votre bénédiction afin que cessent les pensées qui ne participent pas du Dharma.
Accordez votre bénédiction afin que soit réalisée la nature non-née de l’esprit.
Accordez votre bénédiction afin que l’illusion se dissipe d’elle-même.
Accordez votre bénédiction afin que la manifestation soit actualisée comme le corps de la réalité.”

Le Grand Yoga. #1 Exposé

Le Grand Yoga. #2 Dialogue

Prières mentionnées durant notre dialogue.© https://thouktchenling.net/

2022 #1 Vaincre les Klesha

Trois angles d’approche du sujet

1/Par la détermination à préserver les voeux d’éthique

 Premièrement : Évaluez la réalité de la souffrance et abandonnez l’effort constant de la nier en une quête sans fin de l’objet idéal.

La vie oscille comme un pendule d’avant en arrière entre la douleur et l’ennui.”

Selon Schopenhauer, la souffrance est le fond de l’existence humaine : c’est souffrance d’exister provient du fait que l’homme, cette machine à désirer, est sans cesse déçu de ses satisfactions. Dès qu’un désir est satisfait, il vient d’autres désirs, qu’il faudra bien accomplir. C’est la Volonté de vivre, l’instinct autrement dit, qui nous fait désirer. Mais dès que l’on tue en nous le désir, c’est l’ennui qui pointe, le vide du coeur. Ainsi, l’homme est déchiré entre cette double menace, ce qui constitue une source certaine de son malheur.

Deuxièmement : S’appuyer sur les vœux du refuge et de libération individuelle (Pratimoksha) pour défaire les habitudes toxiques tout en nourrissant la spirale vertueuse menant à l’éveil.

 2/Par l’amour et la compassion illimités.

 Instructions Essentielles sur Tonglen de Khenpo Munsel

“Khenpo Munsel m’a donné de nombreuses instructions orales spéciales sur le tong-len qui n’étaient pas dans le texte. Par tong-len, généralement, nous disons que nous envoyons du bonheur aux autres et prenons en charge la souffrance des autres.

Mais pour le sens réel de tong-len, vous devez comprendre l’inséparabilité de soi et de l’autre. Le fondement de nos esprits est le même. Nous comprenons cela à partir de la vue.

Dans ce contexte, même s’il existe de nombreux types de souffrances différentes, il n’y a qu’une seule chose appelée “souffrance”. Il n’y a qu’une souffrance, enseigna-t-il. S’il n’y a vraiment qu’une seule souffrance, alors à ce moment où vous souffrez vous-même d’une grande souffrance, vous devriez penser : « L’esprit des êtres sensibles des trois royaumes et mon esprit ont le même fondement. » Cependant, l’essence de la souffrance des êtres sensibles des trois royaumes et l’essence de notre propre souffrance est la même.

Si vous les voyez comme étant les mêmes, si vous les voyez comme non duels, puis méditez sur cette souffrance, dans l’état naturel de l’esprit, cette souffrance s’en va.

 À ce moment-là, vous avez été en mesure d’atténuer la souffrance de tous les êtres sensibles des trois royaumes, d’un seul coup.

 Le “len” de tong-len signifie “prendre”. Tout d’abord, prenez de cette façon. “Tong” signifie “donner”. Si vous comprenez la nature de votre esprit, alors vous reconnaissez l’essence de toutes les émotions de souffrance et d’affliction qu’il peut y avoir dans la vacuité.

 Lorsque la souffrance ne vous fait plus de mal, l’esprit jouit d’une grande félicité. Si à ce moment-là, vous méditez, en vous rendant vous-même et les autres inséparables, alors cette béatitude peut diminuer la saisie du soi de tous les êtres sensibles. Cela peut diminuer la saisie de soi.

 Le bonheur qui est donné est le celui qui provient de la pratique du don et de la prise en charge.

 C’est ainsi que vous devez pratiquer. C’est très spécial. D’autres ne l’expliquent pas de cette façon.”

 Garchen Rinpoché

3/Par la profondeur du discernement.

Assimiler les afflictions à la pratique

Extrait de : Shamar Rinpoché. “Au cœur de la sagesse: Manuel de la pratique du mahāmudrā.”

Même s’il est dit qu’il existe 84 000 afflictions, elles sont en fait indénombrables. Elles sont généralement catégorisées en cinq groupes : l’attachement, la colère, l’ignorance, la jalousie et l’orgueil. Quand vous les intégrez à votre pratique en reconnaissant leur véritable nature, l’ensemble des 84 000 afflictions est résolu en un instant. À ce moment, la nature de bouddha se révèle spontanément sous la forme des cinq aspects de sagesse. Il s’agit du résultat significatif de l’assimilation des afflictions à la méditation. La nature fondamentale de l’esprit est sagesse pure. En d’autres termes, les cinq formes de sagesse sont la nature innée de l’esprit, communément appelée la nature de bouddha. Lorsque l’esprit est voilé par l’ignorance, ces qualités pures sont masquées et elles nous apparaissent comme les cinq groupes d’afflictions alors qu’en réalité, elles sont cinq formes de sagesse. Par conséquent, la véritable nature de toutes les afflictions n’est pas différente de la véritable nature de l’esprit. Si nous comprenons que l’esprit et toutes ses afflictions sont intrinsèquement vides et non nés, l’ignorance est éradiquée en un instant.

Les afflictions sont parfois connues comme des poisons alors que la sagesse est décrite comme du nectar. C’est la raison pour laquelle l’instruction au sujet de l’assimilation des afflictions à la méditation est appelée l’instruction sur la transformation du poison en nectar.

La première affliction est l’attachement. Lorsque la nature intrinsèque de l’attachement est reconnue comme vide et non née, elle se révèle comme la sagesse discernante. Cette sagesse connaît toute chose distinctement et telle qu’elle est. Un bouddha sait intuitivement comment et pourquoi les choses sont telles qu’elles sont ; c’est tout ce que l’on peut dire au sujet de la sagesse d’un bouddha. Il est dit que lorsqu’un bouddha regarde la queue d’un paon, il peut expliquer instantanément les causes et les conditions karmiques qui ont provoqué les différentes couleurs de chaque plume.

La seconde affliction est la colère. Lorsque la vraie nature de la colère est reconnue, la colère s’actualise en la sagesse de la vaste étendue, la sagesse du dharmadhātu. Chaque expérience est alors reconnue comme indissociable de la vacuité, la véritable nature de l’esprit. En l’état de vacuité de l’esprit, chaque expérience est une expérience d’espace ; chaque phénomène se manifeste dans l’étendue omnipénétrante et la qualité libératrice de l’éveil.

La troisième affliction est l’ignorance. Lorsque la nature innée de l’ignorance est reconnue comme vide et non née, elle se révèle comme la sagesse semblable au miroir, parfois appelée la sagesse omnisciente. Il n’existe aucune limite à la connaissance dans l’omniscience, ni en terme d’espace ni en terme de temps. Une personne ordinaire ne peut percevoir les choses que de manière séquentielle. Un bouddha, cependant, connaît tout de manière instantanée et simultanée. Tout ce qui apparaît dans son esprit est clair et précis, sans hésitation ni obstruction. Tout phénomène est perçu aussi directement qu’une image dans un miroir. Par ailleurs, les objets solides n’opposent aucune résistance à un individu qui peut ainsi voir à travers un mur et même passer au travers s’il le décide.

La quatrième affliction est l’orgueil ou la saisie égotique. Il s’agit de la discrimination que vous opérez entre vous-mêmes et les autres. Dans une situation particulière, en général vous vous favorisez par rapport aux autres. Dans l’état éveillé, l’orgueil est actualisé en la sagesse non discriminante, aussi appelée sagesse d’égalité. Vous réalisez que toute chose est indissociable dans la vacuité de l’esprit parce que tout est pareillement vide.

La cinquième affliction est la jalousie. En l’état éveillé, la jalousie est révélée comme la sagesse tout accomplissante, la sagesse d’activité. Un bouddha est le mieux placé pour aider tous les êtres sensibles, car il connaît leurs souhaits, leurs capacités et leurs habiletés. Bouddha est ici utilisé dans le sens large du terme et n’est pas confiné à un bouddha historique spécifique.

Les afflictions sont semblables à des poisons tant qu’elles ne sont pas révélées comme sagesse. La technique pour assimiler les afflictions à la pratique est exactement la même que pour l’intégration des pensées à la pratique.

Tout d’abord, prenez conscience de l’apparition d’une affliction et identifiez-la. Ensuite, regardez sa nature. Puis, renoncez à votre attachement au ressenti. Enfin, ne soyez ni inquiets ni optimistes à propos du résultat, mais acceptez toute éventualité avec courage et confiance.

Comportez-vous comme un lion face aux épreuves et aux difficultés. Soyez libres d’attachements comme le vent qui souffle dans le ciel. Comportez-vous comme un fou, sans faux-semblants ni artificialité. Cette même technique s’applique à toutes les afflictions.

Parmi ces cinq afflictions, certaines sont plus faciles à détecter et à identifier que d’autres. La colère, par exemple, est habituellement facile à repérer. La jalousie et l’attachement ne sont pas non plus très dissimulés. Cependant, lorsque vous êtes gonflés d’orgueil ou minés par l’ignorance, vous ne remarquez généralement pas leur présence. Votre mode de pensée égotique est un schéma habituel tellement ancré, que l’éradiquer demande du temps et de la patience. Quand vous êtes ignorants, vous n’êtes souvent pas assez intelligents pour le savoir ! En revanche, dès que vous aurez travaillé avec des afflictions plus apparentes, vous pourrez appréhender, pendant la pratique, celles qui s’avèrent plus dissimulées.

Un méditant très avancé éprouve parfois de grandes difficultés à trouver la façon et le moyen d’approfondir sa pratique et son accomplissement. Ainsi, après avoir réussi à assimiler les afflictions à la méditation en reconnaissant leur véritable nature, il peut continuer en générant délibérément des afflictions encore plus fortes, afin de donner du dynamisme à sa pratique. En faisant cela, le méditant amène sa pratique vers un degré d’accomplissement plus élevé. Son comportement odieux peut être outrageant ; c’est bien compréhensible. En effet, rien ne permet de déterminer qu’il s’agisse d’un méditant avec une motivation pure qui pratique l’actualisation des afflictions en degrés de réalisation. Marpa était un bon exemple de pratiquant engagé dans cette forme de pratique. En plus d’être un éminent enseignant et traducteur, il était aussi propriétaire foncier. Les personnes qui interagissaient avec lui à un niveau concret le considéraient comme un individu très désagréable, fier et orgueilleux, avec une insatiable cupidité. Cependant, le grand mahasiddha érudit Naropa (1016–1100) lui dit un jour :

Les autres vous considèrent comme ayant de très fortes afflictions. Cependant, dans votre esprit, une affliction est comme un serpent que l’on aurait noué. Il se dégage en moins de temps qu’il ne faut pour faire le nœud.

 Certains lamas au Tibet étaient connus pour se comporter comme Marpa, dans l’espoir d’induire les gens à penser qu’ils avaient atteint des niveaux exaltés où les fortes négativités de l’esprit constituaient du carburant pour leur pratique. Ils s’adonnaient gratuitement à une vie de débauche. Cependant, sans l’accomplissement de Marpa, ces comportements étaient uniquement nuisibles. Sans aucune utilité pour la pratique, ils ne devaient en aucun cas être considérés comme une indication de grand accomplissement. Leur comportement était peut-être semblable à celui de Marpa, mais ils étaient loin d’être aussi réalisés que lui.

Première Partie: Par la détermination à préserver les voeux d’éthique

#1 Exposé

#2 Dialogue

Seconde Partie: Par l’amour et la compassion illimités.

#1 Exposé

#2 Dialogue

Troisième Partie: Par la profondeur du discernement.

#1 Exposé

#2 Dialogue

2022 #4 L’accompagnement sur le Chemin Spirituel

Quelle est la place de la tradition et des ami(e)s spirituel(le)s dans notre monde actuel?

Un jour, Ananda et le Bouddha étaient assis seuls sur une colline, surplombant les plaines du Gange. Ayant servi comme serviteur du Bouddha pendant de nombreuses années, Ananda partageait souvent ses réflexions et ses idées avec lui. Cet après-midi, Ananda a pris la parole. “Cher Maître Respecté,” dit Ananda. « Il me semble que la moitié de la vie spirituelle est une bonne amitié, une bonne compagnie, une bonne camaraderie. » Mais le Bouddha le corrigea rapidement : « Non pas, Ananda ! Ce n’est pas le cas, Ananda ! » Il  poursuivit : « C’est toute la vie spirituelle, Ananda, c’est-à-dire une bonne amitié, une bonne compagnie, une bonne camaraderie. Quand un moine a un bon ami, un bon compagnon, un bon camarade, il faut s’attendre à ce qu’il développe et cultive la noble voie octuple. » Le Bouddha a habilement corrigé l’idée d’Ananda selon laquelle la sangha et le dharma sont séparés. L’un n’est pas la moitié de l’autre ; la sangha n’est pas simplement utile pour réaliser le chemin. La sangha est le chemin. L’amitié spirituelle est le chemin.

Kalyana Mitra

En sanskrit, Kalyana Mitra signifie « ami spirituel ». Kalyana peut être traduit par « bon, vrai, vertueux, droit ou bénéfique », et Mitra est la racine du mot maitri, qui signifie gentillesse. Un Kalyana Mitra est quelqu’un qui vous aide à réaliser vos aspirations profondes, quelqu’un qui élève votre chemin vers un niveau supérieur de bien-être éthique et spirituel avec une gentillesse désintéressée.

Beaucoup de gens, devant tant d’enseignements faisant l’éloge de la pratique de la méditation et de la solitude, pensent que le bouddhisme est une pratique pour les solitaires. Mais les encouragements du Bouddha à pratiquer dans la solitude étaient contrebalancés par un ardent accent mis sur la culture d’amitiés dignes. Tout au long de sa carrière d’enseignant, le Bouddha a parlé à maintes reprises de l’importance cruciale des Kalyana Mitras pour réussir dans sa pratique, déclarant qu’il n’y a pas d’autre facteur aussi propice à l’émergence de la noble voie octuple que la bonne amitié. « Tout comme l’aube est le précurseur du lever du soleil, la bonne amitié est le précurseur de l’émergence du noble octuple sentier », a déclaré le Bouddha. Le « Discours sur le bonheur », qui vante les trente-deux bienfaits d’une vie heureuse, commence par « Éviter les personnes insensées et vivre en compagnie des sages… c’est le plus grand des bonheurs ».

#1 Exposé

#2 Dialogue

2022#5 Trouvez la libération par la réflexion et l’analyse.Lodjong 7/55

Nos esprits ont deux capacités liées : regarder les choses en général et examiner les détails. En tibétain, on les appelle tokpa et chöpa. La première, c’est comme identifier une forêt ; la seconde revient à examiner les arbres de cette forêt.

Nous devrions appliquer ces facultés pour comprendre nos émotions perturbatrices. Par exemple, si vous remarquez que vous vous sentez bouleversé, vous pouvez demander : pourquoi est-ce que je me sens bouleversé ? Parce que j’ai été insulté. Qu’est-ce qui a été dit qui m’a fait me sentir si insulté? Pourquoi cela m’a-t-il insulté, alors que cela n’a pas insulté mon ami ? Examinez la situation sous tous les angles : de votre point de vue, du point de vue de l’autre, du point de vue dharmique, du point de vue mondain, en relation avec le passé, le présent et le futur. Apprenez tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet et allez au fond des choses. Une fois que la lumière de votre intelligence critique brillera pleinement, il vous sera facile de vous libérer en appliquant les pratiques du Lojong telles que le tonglen.

Il est important de faire cette pratique systématiquement, en allant du général au spécifique, sans brûler les étapes. Si vous sautez d’un thème général à un autre, ou d’un détail à un autre, vous n’apprendrez pas grand-chose. Vous demeurerez dans le flou. Ce processus demande des efforts et peut vous faire sortir de votre zone de confort. Mais c’est un processus que vous pouvez maîtriser, que vous soyez un intellectuel ou un artiste, que vous soyez éduqué ou non. Il s’agit d’utiliser votre intelligence émotionnelle innée pour comprendre votre propre expérience. Apprendre à appliquer ces deux facultés mentales vous rendra confiant et autonome. Vous serez en mesure de comprendre profondément l’esprit à partir de votre propre expérience. De cette façon, vous deviendrez un excellent enseignant pour vous-même, ainsi que bénéfique aux autres.

#1 Exposé

#2 Dialogue

2022#6. Prières et Mantra

L’importance et les bienfaits de la récitation des mantras.

L’importance de la prière (sans tomber dans un fonctionnement dualiste ou théiste.)

Comment développer la confiance dans la réalité de la présence et de l’aide des déités.  

#1 Exposé

#2 Dialogue